| Bibliographie
- Introduction à l’histoire de la philosophie,
Paris, 1956 (éditeur indéterminé; source
BNF).
- Phénoménologie et praxis, Paris, Éditions
sociales, 1963.
- Les Idéalités mathématiques, recherches
épistémologiques sur le développement
de la théorie des fonctions de variables réelles,
Paris, Éditions du Seuil, 1968. In-16 (20 cm), VIII-320
p. Coll.: L’Ordre philosophique.
- Recherches épistémologiques sur le développement
de la théorie des fonctions de variables réelles,
essai sur le statut des idéalités mathématiques,
Paris, Éditions du Seuil, 1968. Thèse. Lettres.
Paris. 1968.
- La Philosophie silencieuse ou Critique des philosophies
de la science, Paris, Éditions du Seuil, 1975. Collection:
L’Ordre philosophique. Note(s): Recueil de textes
extraits pour la plupart de diverses revues et publications,
1965-1974. - Bibliogr., 4 p. ISBN 2-02-002750-X
- Introduction à la phénoménologie,
Paris, Gallimard, 1976. Collection Idées. Précédemment
paru sous le titre: "Phénoménologie et
praxis". - Texte revu et augmenté d’un
exposé présenté à un séminaire
de la 1e Semaine de la pensée marxiste. ISBN 2-07-035339-7.
- Un Destin philosophique, Paris, Grasset, 1982. Coll: Figures,
ISSN 0335-6809. Contient le texte de deux lettres de Maurice
Clavel à l’auteur.
- Un Destin philosophique ou Les Pièges de la croyance,
Paris, Librairie générale française,
1984. Collection: Le Livre de poche. Biblio essais, ISSN
0294-104-X. Bibliogr. des œuvres de J.-T. Desanti,
1 p.
- Réflexions sur le temps, Conversations avec Dominique-Antoine
Grisoni, Titre d’ensemble: Variations philosophiques,
1. Paris, B. Grasset, 1992. ISSN 0335-6809. Publication:
Paris: Librairie générale française,
1997. – Réédition dans la Collection:
Biblio essais, Coll. principale: Le livre de poche, ISBN
2-253-94245-6.
- Introduction à la phénoménologie,
Nouvelle éd. rev., Paris, Gallimard, 1994. Collection
Folio. Essais. Précédemment paru sous le titre:
"Phénoménologie et praxis". ISBN
2-07-032823-6.
- Philosophie, un rêve de flambeur, Conversations
avec Dominique-Antoine Grisoni. Titre d’ensemble:
Variations philosophiques, 2. Paris, Grasset, 1999. ISBN
2-246-59101-5.
En collaboration :
Desanti, Jean-Toussaint & Lainé, Pascal &
Kriegel, Blandine, Le Philosophe et les pouvoirs: entretiens
avec Pascal Lainé et Blandine Barret-Kriegel, Paris,
Calmann-Lévy, 1976. Collection: L’Ordre des
choses, ISSN 0336-2922.
Desanti Dominique, Desanti Jean-Toussaint, La liberté nous aime encore, Odile Jacob, 2001.
Préface, introduction ou postface :
Brunschvicg, Léon, Les Étapes de la philosophie
mathématique, Paris, Alcan, 1912; A. Blanchard 1972.
Bibliothèque de philosophie contemporaine. L’édition
de 1972 est précédée d’une préface
de Jean-Toussaint Desanti. Réédité
en 1981, avec une préf. propre à l’éd.
de 1981.
Cariou, Pierre, Les idéalités casuistiques:
aux origines de la psychanalyse, Paris, Presses universitaires
de France, 1992. Collection: Questions, ISSN 0732-0514.
Préface de Jean Toussaint Desanti.
Cavaillès, Jean, Méthode axiomatique et formalisme:
essai sur le problème du fondement des mathématiques;
introduction de Jean-Toussaint Desanti; préface de
Henri Cartan. Paris, Hermann, 1981. Bibliogr. p. 184-191.
Index. Thèse: Lettres: Paris: 1936. Reproduction
en fac-sim. de l’éd. de Paris, Hermann, 1935.
Les préf. sont propres à l’éd.
de 1981. ISBN 2-7056-5941-2.
Châtelet, François, Une histoire de la raison;
entretiens avec Emile Noël, Paris, Ed. du Seuil, 1992.
Collection: Points. Sciences. Préface de Jean-Toussaint
Desanti.
Defrance Bernard, Le plaisir d'enseigner, Syros, 1997. Préface
de Jean-Toussaint Desanti.
Desanti, Dominique, Ce que le siècle m’a dit,
Paris, Plon, 1997. En appendice, texte d’un entretien
de l’auteur avec Jean-Toussaint Desanti.
Fausto, Ruy, Marx, logique et politique: recherches pour
une reconstitution du sens de la dialectique, Paris, Publisud,
1986. Avant-propos de Jean Toussaint Desanti.
Giudicelli, Sébastien, Journal de bord d’un
thérapeute: études cliniques, Paris, Ed. du
Seuil, 1996. Collection: Champ freudien. Préface
de Jean-Toussaint Desanti.
Husserl, Edmund & Frege, Gottlob, Correspondance, trad.
de l’allemand par Gérard Granel, Mauvezin,
Trans-Europe-Repress, 1987, ISSN 0751-963X; postf. de Jean-Toussaint
Desanti
Jaulin, Robert, L’univers des totalitarismes: essai
d’ethnologie du non-être, Paris, L. Talmart,
1995. Préface de Jean-Toussaint Desanti. ISBN 2-903911-41-X.
Presse
L'article de R. Maggiori paru dans Libération (ou
ici).
L'article de R.-P. Droit par dans le Monde (ou ici).
Textes
Jean-Toussaint Desanti : Un philosophe est un flambeur.
Propos recueillis par François Ewald. In Magazine
littéraire n° 339 Janvier 1996
Sur J.-T. Desanti : Georges Ravis-Giordani a réuni les textes du colloque
qui s’est tenu à Bastia les 5, 6 et 7 juin
1997 en présence de Jean-Toussaint Desanti.
Par son enseignement à la Sorbonne et à Saint-Cloud
comme par les travaux auxquels il a donné leur impulsion,
Jean-Toussaint Desanti est l’une des personnalités
les plus marquantes de l’université française.
Cet ouvrage explore les principaux champs de son œuvre
philosophique. Ce qui se dévoile comme habitable, c’est
précisément le système ouvert de ces
renvois. La variété des thèmes traités
tient ainsi à ce qu’est proprement la pensée.
L’aspect énigmatique de la philosophie chez Desanti
tient à l’association inédite du retour
obstiné aux lieux les plus denses de la tradition et
d’une grande vivacité pour mettre en abyme des
questions et des textes. La notion de site interroge l’horizon
de sens et les domaines de connexion qui permettent d’avancer
des propositions recevables dans les divers champs conceptuels.
Desanti vise la constitution d’une histoire de l’engendrement
spécifique des systèmes de pensée.
Les auteurs ici réunis déploient eux-mêmes
cette méthode à propos de champs familiers à
Jean-Toussaint Desanti : phénoménologie, mathématiques,
pensée grecque, en y ajoutant les accents particuliers
de la Corse. Leurs contributions effectuent nombre de ces
déplacements qui engagent la pensée sur des
voies nouvelles, et nous renvoient des systèmes philosophiques
aux mathématiques, à l’expérience
de l’intersubjectivité et à la question
de la transmission de l’impulsion pour la recherche.
La discussion que ces textes ont suscitée lors du colloque
de Bastia fut l’occasion pour Jean-Toussaint Desanti
de donner quelques précieuses clés d’interprétation
pour ses travaux.
Participants : S. AUROUX, M. CAISSON, T CASALONGA, M. CAVEING,
J-T DESANTI, J-P DOLLE, R-P DROIT, S. GUIDICELLI, M. GODELIER,
P GUENANCIA, P JACERME, J MERKER, A MICHEL, J-L PETIT, G RAVIS
GIORDANI, A ROVERE, R SASSO, H SINACEUR, J-J SZCZECINIARZ.
ENS Editions 31, avenue Lombart BP81 92266 Fontenay-auxRoses
cedex
tel 01 41 13 24 81/83 fax 01 4113 24 78 E-mail : editions@ens-fcl.fr
Le philosophe qui se méfiait
des mots Jean-Toussaint Desanti est mort à 88 ans. Il relevait
d'une opération cardiaque.
Par Robert MAGGIORI Libération, lundi 21 janvier 2002
En 1968, il publie son maître-livre, «les Idéalités
mathématiques», qui continue de servir de «table
d'orientation» à la pensée logique et
épistémologique. Il y a quelques jours (notre
cahier «Livres» de jeudi dernier) paraissait
aux Editions Odile Jacob La liberté nous aime encore,
dans lequel, sollicités par Roger-Pol Droit, Dominique
et Jean-Toussaint Desanti portaient un regard croisé
sur leur vie commune, leur amour, leur trajectoire intellectuelle
et politique. Jean-Toussaint Desanti, 88 ans, relevait d'une
opération cardiaque: il est mort hier. C'était
l'un des plus grands philosophes et épistémologues
français. Desanti a enseigné à l'Ecole
normale supérieure de la rue d'Ulm où il a
eu comme auditeurs Louis Althusser et Michel Foucault et
à celle de Saint-Cloud, puis à la Sorbonne,
où il a préparé à l'agrégation
de philosophie des générations d'étudiants.
Il a relativement peu écrit et ne s'expliquait que
s'il était sommé de le faire (1), voyant dans
l'«économie des paroles inutiles» une
des principales vertus des hommes. N'ayant jamais quitté
sa Corse natale avant 18 ans il est né le 8 octobre
1914 , Desanti, qui avait l'habitude de se promener armé,
ne connaissait rien d'autre en arrivant à Paris que
le grec, le latin, les mathématiques et quelques
pages de Bergson.
Exigence. Avec son ami François Cuzin fusillé
par les «fascistes français» en 1944
, il pénètre prudemment dans cette «cathédrale»
qu'est l'Ethique de Spinoza. Au contact de «cette
pensée autre qui vivait dans un texte», il
se sent «mis en attente», placé «au
seuil des mots», capables de réduire la tension
de «l'effondrement de toute signification reçue».
Il se sent happé par l'exigence de «devenir
philosophe». Grâce à Jean Cavaillès,
fondateur du réseau Libération Sud, exécuté
par les Allemands en 1943, et à Maurice Merleau-Ponty,
il apprend, sans qu'elles contredisent son spinozisme, les
deux langues «natives» de sa philosophie: l'épistémologie
des mathématiques et la phénoménologie.
La troisième, le marxisme, il l'apprendra sur le
terrain du militantisme.
Le saut du «parti pris éthique» à
l'«engagement politique», Desanti l'effectue
un matin de juillet 1942, lorsqu'il aperçoit ces
enfants juifs assis sur leurs valises devant le commissariat
du Panthéon. Ce sont d'abord des tracts, des publications
en samizdats, comme Socialisme et liberté, auquel
collabore aussi Sartre. Bientôt, avec sa femme, Dominique,
l'entrée dans la résistance active et l'adhésion,
en 1943, au Parti communiste clandestin. Du parti, après
la guerre, Jean-Toussaint Desanti sera une des figures intellectuelles
influentes: par «centralisme démocratique»,
il en défend jusqu'en 1956 toutes les positions,
y compris staliniennes, et ira jusqu'à défendre
la séparation entre le bon grain de la «science
prolétarienne» et l'ivraie de la «science
bourgeoise».
Aveuglement. Après le grand ripensamiento et la reconnaissance
de l'aveuglement politique, Desanti retrouve le silence
et se remet à la philosophie des sciences. En 1968,
il publie son maître livre, les Idéalités
mathématiques, qui, pic escarpé où
se retrouvent les marques de Bachelard et de Cavaillès,
continue d'être exploré et de servir de « table
d'orientation » à la pensée logique et
épistémologique.
«Touky»,comme tout le monde l'appelait, avait
quelque chose d'un chat, qui feint de dormir et profite
du rai de soleil qui réchauffe. Mais il ressemblait
aussi à Socrate, l'accoucheur des esprits. Un Socrate
«en négatif»: le Grec était hirsute,
peu amène, satyre au-dehors et dedans bonté.
Le Corse était malicieux et jovial, tout en rondeur
et faconde au-dehors, et, dedans, rigueur et exigence, puissance
analytique forçant la pensée à aller
au bout d'elle-même pour ne pas succomber sous le
faix du «sens déjà médité».
(1) Un destin philosophique (Grasset, 1982) répond
à deux lettres de Maurice Clavel; le Philosophe et
les pouvoirs (Calmann-Lévy, 1976) vient d'entretiens
avec Blandine Barret-Kriegel et Pascal Lainé; Réflexions
sur le temps (Grasset, 1992) et Philosophie: un rêve
de flambeur (Grasset, 1999) sont des conversations avec
Dominique-Antoine Grisoni. |